Rakontèr Zistoir 2019

« L’ignorance, c’est ce qui nous barre la route du bonheur de la vie. - On dit que la parole n’est bonne que si elle est partagée »[1]

 

 

La formation Rakontèr Zistoir s’est déroulée du 15 au 19 juillet 2019 au CDNOI-La Fabrik à Saint- Denis – soit 35h en 5 jours.

18 stagiaires ont bénéficié de cette formation encadrée par les conteurs Anny GRONDIN et Sully ANDOCHE.

L’effectif se composait majoritairement de femmes (14 femmes pour 4 hommes). Toutes les tranches d’âge étaient représentées (19 ans pour la plus jeune, 71 ans pour le plus âgé). Trois d’entre eux étaient non créolophones.

 

Rappel des objectifs :

  • Appropriation de techniques de base pour raconter des histoires (voix, déplacements, regard…).

  • Acquisition d’un répertoire de contes.

  • Ouverture culturelle autour du conte, en liaison avec la tradition (proverbes et devinettes créoles).

  • Contact avec les sources originelles du conte traditionnel réunionnais.

 

Pour atteindre ces objectifs, notre programme proposait des activités différentes :

 

D’une manière générale la matinée était consacrée :

  • Aux exposés : « les spécificités des contes créoles », « les précautions à prendre lors d’un racontage », « pourquoi il est important de raconter des histoires »

  • Aux  ateliers de jeux dramatiques basés sur :

  • La prise de parole en public

  • Les techniques vocales

  • La gestuelle, le regard, l’occupation de l’espace scénique ….

  • L’exploration de l’imaginaire

  • L’improvisation (individuelle/collective, avec et sans parole)

  • Aux contes dits, notamment par un ancien stagiaire, devenu conteur professionnel et qui a partagé son expérience acquise depuis sa formation.

 

L’après-midi était consacré aux ateliers sur l’oralisation des contes :

  • Travailler sur une méthodologie.

  • Connaître la trame narrative.

  • Travailler sur le début et la fin d’un conte.

 

Pendant quatre jours, les stagiaires ont étudié puis mis en voix et en corps un conte choisi parmi les ouvrages que nous leur avons fournis.

 

Restitution :

 

Le dernier jour était consacré à la restitution de leur travail.

Chaque stagiaire a raconté devant un public composé de 30 à 60 personnes (enfants et adultes) tout au long de la journée.

 

Lors du bilan, tous les participants ont assuré avoir beaucoup appris de ce stage, et la majorité d’entre eux compte poursuivre leur expérience dans le conte :

            - Nout tout la viv dann Paradi Rakontaz.[2]

- Sèt semèn lété à mon gou é zot la donn a moin la Fors.

- Ni sort fé lo promyé pa,  anon fé lo wayaz astèr.

 

Il est à souligner qu’au-delà de la satisfaction d’avoir acquis des techniques, ils ont également pris conscience de la nécessité d’explorer de façon plus approfondie, la langue et la culture créoles et le souci de transmettre leur savoir :

  • Nou néna enkor plus la Fors pou kontinié mèt la lang la en lèr.

  • In gros merci davoir aid a nous koment transmet léritaz nout ancèt.

  • L’anvie apprend encore plis zarlorsité nout lang

 

Certains stagiaires ont particulièrement été émus de pouvoir enfin s’exprimer dans une langue qui ne leur était pas autorisée à la maison.

  • Navé mon vi avan la semèn là, et néna mon vi aster, bien changé…

 

Tous ont enfin salué l’attitude bienveillante et l’esprit de solidarité qui ont régné tout au long de ce stage :

  • Mon ker la fé mal kit a zot kom sa.

  • Mersi zot tout pou gaillard ti somèn, rempli zémotion.

  • On diré que moin la retrouv mon famill lété trop gayar ti lespèriens là.

 

Au regard des témoignages des stagiaires et de l’accueil positif réservé par le public convié à cette restitution, nous pouvons affirmer que nos objectifs ont été atteints pour la totalité des stagiaires.

Nous aurons à cœur, l’année prochaine, de poursuivre cette belle initiative de Daniel HONORE, à qui un hommage a été rendu en présence de son épouse et de son fils.

 

Nous tenons à remercier l’équipe de la Fabrik pour son accueil et sa disponibilité.

 

Fait à Saint Denis le 23 juillet 2019.

 

Anny GRONDIN et Sully ANDOCHE

 

 

 

 

[1] Proverbe bambara cité par Ludovic Suliman, conteur, et proposé par une stagiaire.

 

[2] Extraits d’échanges spontanés de mails, après la formation. Leurs graphies ont été respectées.

 

 

 

 

 

 

 

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